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Libertinage : quand le désir devient une exigence, la liberté disparaît

Photo du rédacteur: club Le BILITIS
club Le BILITIS
il y a 3 jours
5 min de lecture
Le libertinage est-il en train de devenir un produit de consommation comme un autre ?
Le libertinage est-il en train de devenir un produit de consommation comme un autre ?

Il fut un temps où l'on poussait la porte d'un club libertin sans savoir qui l'on allait rencontrer.

Il y avait de l'inconnu, de la curiosité, parfois de l'appréhension, souvent de l'excitation.

On venait découvrir une ambiance, partager un verre, échanger des regards et, éventuellement, vivre une rencontre.

Le mot important était « éventuellement ».

Aujourd'hui, nous observons parfois une évolution qui mérite réflexion.

Certains ne viennent plus simplement vivre une soirée. Ils semblent venir chercher un résultat.

Et lorsque ce résultat n'est pas au rendez-vous, c'est parfois tout l'établissement qui devient responsable de leur déception.

Depuis quand le désir de l'un devrait-il devenir une obligation pour l'autre ?


1. Une entrée payante n'est pas une promesse de rencontre


Commençons par une évidence qui ne semble malheureusement pas l'être pour tout le monde.

Lorsque vous entrez dans une discothèque, personne ne vous garantit que vous danserez avec la personne qui vous plaît.

Lorsque vous allez au restaurant, personne ne vous promet que vous rencontrerez l'amour de votre vie.

Alors pourquoi certains semblent-ils attendre d'un club libertin qu'il leur garantisse une rencontre intime ?

Une entrée donne accès à un établissement, à ses installations, à son ambiance, à son personnel et aux prestations proposées.

Elle ne donne aucun droit sur les autres clients.

On paie pour accéder à un lieu. Jamais pour disposer des personnes qui s'y trouvent.

Cette distinction devrait être évidente. Pourtant, elle est au cœur de nombreuses incompréhensions.


2. Le libertinage serait-il victime de la culture du « tout, tout de suite » ?


Nous vivons dans une société où presque tout semble accessible en quelques clics.

On commande, on sélectionne, on compare, on évalue.

Les applications de rencontres ont elles aussi introduit leurs propres habitudes : profils, photos, préférences, critères, sélections.

Rien de condamnable en soi.

Mais lorsque cette logique s'invite dans le libertinage, une question se pose.

Les personnes sont-elles encore considérées comme des individus à rencontrer ou comme des possibilités à consommer ?

On peut avoir des préférences, des envies, des critères.

C'est parfaitement légitime.

Mais une personne n'est pas un produit que l'on choisit dans un catalogue.

Et la séduction n'est pas une commande dont on peut exiger la livraison.


3. Le paradoxe des soirées privées : liberté ou casting ?


Les soirées privées ont évidemment leur place dans le libertinage.

Elles peuvent offrir une atmosphère rassurante, réunir des personnes qui se connaissent et permettre des rencontres correspondant à des envies communes.

Mais certaines pratiques soulèvent une question intéressante.

À force de vouloir connaître les participants à l'avance, de sélectionner les profils, de vérifier les photos et d'organiser les affinités, ne risque-t-on pas de faire disparaître une partie de la spontanéité ?

Le casting devient parfois plus important que la soirée elle-même.

On veut savoir qui sera présent, qui pourrait nous plaire, avec qui une rencontre serait envisageable.

Tout doit presque être décidé avant même de franchir la porte.

Pour notre part, nous avons toujours trouvé quelque chose de particulièrement séduisant dans l'inattendu.

Le charme d'une rencontre ne réside-t-il pas justement dans le fait qu'elle n'était pas prévue ?

Une soirée dont on connaît déjà tous les participants peut être excellente.

Mais une soirée où tout reste à découvrir possède une magie bien différente.


4. Quand la frustration se transforme en accusation


C'est probablement l'un des sujets les plus délicats pour les exploitants d'établissements libertins.

Une personne passe plusieurs heures dans un club.

Elle profite de l'ambiance, des installations, de la musique, du bar et parfois d'un buffet.

Mais aucune rencontre ne correspond finalement à ses attentes.

La soirée devient alors, dans son esprit, un échec.

Et parfois, cette déception se transforme en reproches adressés à l'établissement.

Il faut évidemment distinguer une critique légitime d'une frustration personnelle.

Un accueil désagréable, un problème de propreté, une prestation absente ou un manque de sécurité méritent d'être signalés.

Un club doit pouvoir être critiqué, et ses dirigeants doivent savoir se remettre en question.

Mais l'absence de rencontre ne constitue pas, à elle seule, une défaillance de l'établissement.

Aucun gérant ne peut fabriquer une attirance réciproque.

Aucun DJ ne peut programmer un coup de foudre.

Et aucune soirée, aussi réussie soit-elle, ne peut garantir que deux personnes auront envie de se rapprocher.


5. Le consentement ne commence pas derrière une porte


On parle beaucoup de consentement dans le libertinage, et heureusement.

Mais il serait réducteur de limiter cette notion aux moments intimes.

Le consentement commence dès les premiers échanges.

C'est accepter qu'une personne ne souhaite pas discuter.

Qu'un couple préfère rester ensemble.

Qu'une femme seule soit venue simplement danser.

Qu'un homme puisse refuser une proposition.

Qu'un sourire n'implique aucune disponibilité.

Le consentement, ce n'est pas seulement accepter un « non ». C'est aussi ne jamais considérer un « oui » comme acquis.

La véritable élégance libertine se reconnaît peut-être davantage dans la façon d'accepter un refus que dans l'art de séduire.


6. À force de vouloir tout contrôler, ne perd-on pas l'essentiel ?


C'est là que notre réflexion devient plus large.

Le libertinage repose sur la liberté de vivre ses envies dans le respect de celles des autres.

Mais lorsque l'on veut tout anticiper, tout sélectionner et tout obtenir, que reste-t-il de cette liberté ?

La rencontre devient un objectif.

L'autre devient une attente.

Et la soirée finit par être jugée uniquement sur son résultat.

Pourtant, combien de belles histoires commencent par une conversation anodine ?

Combien de rencontres inattendues naissent d'un simple regard ?

Combien de personnes découvrent le libertinage en commençant simplement par apprécier l'ambiance d'un lieu ?

Peut-être avons-nous parfois tellement cherché à organiser le plaisir que nous avons oublié de laisser une place au hasard.


7. Au Bilitis, nous préférons les rencontres aux garanties


Notre vision est simple.

Nous voulons que les personnes qui franchissent les portes du Bilitis viennent d'abord passer une belle soirée.

Danser, rire, discuter, se détendre, rencontrer de nouvelles personnes.

Et si une attirance réciproque se crée, tant mieux !

Mais si ce n'est pas le cas, cela ne signifie pas que la soirée était ratée.

Nous croyons à un libertinage festif, élégant, spontané et respectueux.

Un libertinage où personne n'a besoin de justifier ses envies, mais où personne ne peut non plus les imposer.

Nous ne promettons pas des rencontres.

Nous créons un cadre dans lequel elles peuvent naître.

Et cette différence nous semble fondamentale.


Alors, ouvrons le débat…


Le libertinage est-il devenu trop consumériste ?

Les applications, les castings et les attentes de résultats ont-ils modifié notre manière de nous rencontrer ?

Préférez-vous une soirée où vous connaissez les participants à l'avance, ou le frisson de pousser une porte sans savoir qui vous attend ?

Et surtout :

Peut-on encore apprécier une soirée libertine lorsqu'il ne s'y passe rien d'intime ?

Nous aimerions connaître votre point de vue.

Habitués des clubs, adeptes des soirées privées, couples expérimentés ou simples curieux : le débat vous appartient.


Chris Club Le Bilitis — Plounérin, Bretagnewww.bilitis.com


 
 
 

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