Et si les vrais fossoyeurs des clubs libertins n’étaient pas ceux que l’on croit ?


Depuis quelque temps, une petite musique revient régulièrement : les clubs libertins seraient devenus trop festifs, trop musicaux, trop proches des discothèques traditionnelles. Certains leur reprochent d’accueillir des curieux, des débutants ou des personnes qui viennent d’abord pour danser, faire connaissance et découvrir cet univers progressivement.
Mais posons franchement la question : qui menace réellement l’avenir des clubs libertins ?
Est-ce le jeune couple qui pousse timidement la porte d’un établissement pour la première fois ? La femme seule qui souhaite découvrir cet univers dans un lieu sécurisé ? Le groupe d’amis qui vient profiter de la musique et de l’ambiance avant, peut-être, de se laisser porter par la soirée ?
Ou sont-ce plutôt ceux qui se présentent comme les gardiens du « véritable libertinage », tout en désertant progressivement les établissements qui permettent justement à ce milieu d’exister ?
L’ambiance festive n’efface pas le libertinage : elle lui ouvre de nouvelles portes
Au Bilitis, nous avons fait un choix clair : proposer une véritable soirée, avec de la musique, un dancefloor, un bar, des animations, des espaces de détente et, bien entendu, tout l’univers libertin qui fait l’identité du club.
La fête n’est pas là pour remplacer le libertinage. Elle permet la rencontre, la désinhibition et la découverte.
Tout le monde n’est pas capable de franchir la porte d’un club et de se diriger immédiatement vers les espaces intimes. Les débutants ont souvent besoin de temps. Ils veulent observer, discuter, danser, comprendre les codes et se sentir en confiance.
Et c’est parfaitement respectable.
Être libertin, ce n’est pas avoir l’obligation de passer à l’acte dès son arrivée. C’est pouvoir vivre ses envies librement, dans le respect de celles des autres.
Paradoxalement, les jeunes et les novices que certains regardent avec méfiance apportent souvent beaucoup de fraîcheur aux soirées. Ils dansent, échangent, participent aux animations et créent une véritable énergie collective. Ils ne connaissent peut-être pas encore tous les codes, mais ils viennent avec de la curiosité, de l’enthousiasme et l’envie de découvrir.
Sans nouveaux venus, aucun milieu ne peut continuer à vivre.
Le libertinage ne devrait pas devenir un cercle fermé
Certains habitués semblent parfois avoir oublié qu’ils ont eux aussi été débutants.
Personne ne naît libertin expérimenté. Il y a toujours eu une première soirée, une première hésitation, une première porte poussée avec un mélange d’envie et d’appréhension.
Pourtant, nous entendons parfois des discours particulièrement contradictoires. Certains regrettent le manque de renouvellement de la clientèle, tout en refusant la présence de débutants. Ils veulent de nouvelles rencontres, mais uniquement avec des personnes correspondant immédiatement à leurs propres critères. Ils souhaitent de la spontanéité, tout en exigeant presque de connaître la distribution complète de la soirée avant de se déplacer.
À force de vouloir sélectionner, filtrer et contrôler chaque rencontre, on finit par supprimer ce qui faisait justement le charme des clubs : l’inattendu.
Pousser la porte d’un établissement sans savoir exactement qui sera présent, c’est ressentir cette petite montée d’adrénaline. C’est accepter la surprise d’un regard, d’une conversation ou d’une rencontre que l’on n’avait pas programmée.
Dans certaines soirées privées, le casting est parfois connu à l’avance, les profils sont examinés et les participants présélectionnés. Cela peut convenir à certaines personnes, mais ce n’est pas notre conception de la magie d’une véritable soirée libertine.
Les clubs supportent des obligations que l’on oublie facilement
Un club libertin déclaré ne fonctionne pas dans un monde parallèle.
Il doit respecter des normes de sécurité, les règles applicables aux établissements recevant du public, les contrôles, les assurances, les obligations liées à la vente d’alcool, les droits musicaux versés à la SACEM et à la SPRE, les contrats de travail, les salaires et les charges sociales.
Il faut également entretenir les installations, assurer le nettoyage, contrôler la qualité de l’eau, sécuriser les vestiaires, employer du personnel, surveiller les comportements et garantir un cadre dans lequel le consentement peut réellement être protégé.
Tout cela représente des responsabilités et des coûts considérables.
À côté de cela, certaines soirées privées payantes sont organisées dans des maisons, des locations ou des lieux qui ne supportent pas nécessairement les mêmes obligations. Lorsqu’une participation financière est demandée, sans le même niveau de charges, de contrôles, de sécurité et de responsabilité, la concurrence devient profondément déséquilibrée.
Il ne s’agit plus seulement d’un choix entre une soirée en club et une rencontre entre amis. Il peut s’agir d’une activité commerciale déguisée, organisée au détriment des professionnels déclarés.
Et lorsque ces événements rencontrent un problème de sécurité, d’hygiène, de consentement ou d’évacuation, qui assume réellement les conséquences ?
Racoler dans un club : une ligne rouge
Nous allons également parler d’une pratique que nous jugeons particulièrement déloyale.
Certains organisateurs de soirées privées viennent dans les clubs non seulement pour profiter des installations et de la clientèle, mais également pour y recruter des participants pour leurs prochains événements.
Cela s’est encore produit récemment au Bilitis.
Autrement dit, un établissement assume les investissements, les contrôles, les charges, la communication et le travail nécessaire pour réunir une clientèle. Puis quelqu’un utilise cette soirée et cette clientèle pour promouvoir une activité extérieure concurrente.
Pour nous, c’est une ligne rouge.
Venir dans un club pour passer une soirée est évidemment bienvenu. Venir dans le but de détourner sa clientèle est une tout autre démarche. Ce comportement fragilise directement les établissements qui offrent pourtant à ces organisateurs leur principal terrain de recrutement.
On ne peut pas prétendre défendre le libertinage tout en affaiblissant les lieux qui l’accueillent officiellement.
Si les clubs ferment, que restera-t-il ?
Si demain les clubs libertins disparaissent, les premiers responsables ne seront pas les débutants, les curieux ou les jeunes venus danser.
Ce seront aussi ceux qui auront préféré utiliser les clubs comme des catalogues de recrutement avant d’organiser leurs propres événements ailleurs. Ceux qui exigent toujours davantage des établissements, mais ne souhaitent plus les soutenir. Ceux qui critiquent la présence de novices alors que ces novices constituent précisément la relève du milieu.
Un établissement libertin n’est pas seulement un bâtiment avec un bar, un jacuzzi et quelques salons. C’est un lieu encadré, entretenu, sécurisé et ouvert à la rencontre imprévue.
Une soirée privée disparaît une fois les invités repartis. Un club doit être encore là la semaine suivante, payer son personnel, entretenir ses installations et continuer à accueillir les anciens comme les nouveaux.
La démarche du Bilitis
Notre position n’est pas de rejeter les soirées privées ni de dicter à chacun la manière dont il doit vivre son libertinage.
Nous défendons simplement une concurrence loyale, le respect du travail des établissements et une évidence : un club qui accueille de nouveaux publics ne trahit pas le libertinage, il prépare son avenir.
Au Bilitis, les personnes expérimentées ont toute leur place. Les débutants également. Certains viennent pour danser, d’autres pour observer, rencontrer, séduire ou aller plus loin. Chacun reste libre de ses choix, dans le respect absolu du consentement.
Nous continuerons donc à faire vivre une ambiance festive, élégante et chaleureuse, sans renoncer à notre identité.
Le Bilitis est une vraie discothèque libertine : la fête ouvre la rencontre, elle ne la remplace pas.
Mais nous le disons également sans détour : les personnes qui viennent uniquement pour détourner notre clientèle vers leurs événements privés ne participent pas à la vie du milieu libertin.
Elles contribuent à sa fragilisation.
Soutenir les clubs, ce n’est pas seulement y venir lorsque le casting semble parfait. C’est accepter l’inconnu, accueillir les nouveaux, respecter les établissements et préserver ces lieux où une soirée peut encore réserver de véritables surprises.
Parce que sans renouvellement, il n’y aura plus de rencontres.
Et sans clubs, il ne restera bientôt plus grand-chose à critiquer.
Chris (gérant du Bilitis)






Bonjour,
Tout est dit !ne changez rien à votre état d’esprit, cela est l identité de votre club, et c est d ‘ailleurs pour cela que nous venons au Bilitis .
On vous adore 🫶
Respectueusement
Christine &Thierry
C'est très explicite ! Il y a tellement peu de clubs libertins en bretagne ! Il faut les faire vivre. Votre club est très agréable, l'accueil est top ainsi que la musique...nous reviendrons prochainement après avoir fait une pose pour raisons personnelles. Nous serons heureux de vous retrouver een Novembre. Isa et lolo les camping caristes que vous recevez si bien. Merci à vous 🙏👄
Votre post est tellement criant de vérité. En effet, certains ont oublié que nous avons tous débuté dans ce milieu. Quant au racolage, no comment... C'est totalement déloyal.
C'est très bien dit.
Et c'est pour cela qu'il y a moins de clubs en Bretagne